Général de division Abdollahi : « Les actifs de l’ennemi sont à notre portée ; nous répondrons immédiatement à toute menace, sans aucune limite géographique »
Le général de division Ali Abdollahi, chef d’état-major des forces armées iraniennes et commandant du quartier général central Khatam al-Anbiya, a publié un message à l’occasion du 13 Aban, date marquant en Iran la Journée nationale de lutte contre l’arrogance mondiale.
Dans ce texte, il présente l’Iran comme un quatrième pôle de puissance mondiale, estimant que le contrôle du détroit d’Ormuz et la capacité de définir les règles d’accès à ce passage stratégique de l’énergie ont remis en cause l’ordre unipolaire. Il affirme également que la doctrine militaire iranienne est passée d’une posture défensive à une logique d’initiative offensive.
Le général Abdollahi rappelle que le 13 Aban renvoie à trois événements majeurs de l’histoire contemporaine iranienne : l’exil de l’ayatollah Khomeiny en 1964, la mort de lycéens lors de la répression de manifestations en 1978 et la prise de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979. Selon lui, ces événements s’inscrivent dans une longue histoire de confrontation entre Washington et Téhéran, dont le point de départ remonte au coup d’État du 19 août 1953, connu sous le nom d’opération Ajax.
Il énumère ensuite plusieurs épisodes qu’il considère comme les manifestations successives de l’hostilité américaine envers l’Iran : le soutien apporté à Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak, l’appui aux groupes d’opposition armés, les assassinats de scientifiques nucléaires iraniens, les sanctions économiques, le gel des avoirs iraniens, l’assassinat du général Qassem Soleimani ainsi que la participation opérationnelle des États-Unis aux côtés d’Israël lors des guerres de 12 et de 40 jours en 1404 et 1405 du calendrier iranien. Il affirme que ces conflits ont entraîné la mort du Guide de la Révolution, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, de hauts responsables militaires, de combattants et de nombreux civils iraniens, notamment des enfants.
Selon le chef d’état-major, la confrontation actuelle entre l’Iran et les États-Unis dépasse le cadre d’un affrontement militaire classique et contribue à transformer les rapports de force mondiaux. Il estime que le contrôle du détroit d’Ormuz a permis à l’Iran d’émerger comme un quatrième pôle de puissance et remet en question l’idée selon laquelle la sécurité régionale dépend nécessairement de la protection américaine. « Les nations et les puissances régionales peuvent assurer leur propre sécurité sans s’appuyer sur le parapluie sécuritaire des États-Unis », affirme-t-il.
Le général Abdollahi précise toutefois que la puissance militaire n’est pas une fin en soi pour l’Iran, mais un instrument. Il assure que Téhéran ne cherche pas la guerre, tout en soulignant que sa doctrine a évolué, passant de la défense à l’initiative offensive et de la gestion des crises à la construction d’un nouvel ordre régional.
Il expose ensuite cinq principes sur lesquels devrait reposer, selon lui, une architecture de sécurité durable :
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La fin de la guerre sur tous les fronts, en particulier au Liban et à Gaza. Il estime que négocier tout en maintenant une politique de menace revient à imposer ses conditions.
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La levée totale des sanctions et le déblocage des avoirs iraniens gelés.
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Le versement de réparations pour les guerres imposées à l’Iran, le peuple iranien étant, selon lui, créancier et non débiteur.
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La reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz et le remplacement du dispositif de sécurité américain par un « mécanisme d’Ormuz ».
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Des garanties contre toute nouvelle agression et la mise en place de dispositifs de sécurité autonomes en Asie occidentale.
Pour le général Abdollahi, ces cinq principes ne constituent pas un plan de paix présenté en position de faiblesse, mais une proposition de réorganisation régionale fondée sur la puissance et la résistance active. Il affirme que l’Iran ne cherche pas à établir sa propre hégémonie, mais à mettre fin à une domination qu’il fait remonter au coup d’État de 1953.
Dans la dernière partie de son message, il inscrit cette orientation dans la continuité de la politique des fondateurs de la République islamique, notamment du principe « Ni Est, ni Ouest » et de la stratégie de résistance active. Il réaffirme l’allégeance des forces armées au Guide suprême et commandant en chef des forces armées, l’ayatollah Seyyed Mojtaba Hosseini Khamenei.
En conclusion, le chef d’état-major déclare que les forces armées iraniennes considèrent la préparation militaire intelligente comme une condition indispensable à une « dissuasion maximale ». Il affirme qu’elles actualisent leur base de cibles et maintiennent les actifs matériels et immatériels de l’ennemi américano-israélien à portée de frappe. « Toute menace, quelle qu’en soit la nature ou l’ampleur, fera l’objet d’une riposte immédiate et efficace, sans aucune limitation géographique », prévient-il.
Le message se termine par la formule : « Hayhat minna al-dhilla » (« Loin de nous l’humiliation »).
Général de division Ali Abdollahi
Chef d’état-major des forces armées iraniennes et commandant du quartier général central Khatam al-Anbiya.
