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Le Guide suprême insiste sur l’économie : du pouvoir d’achat des citoyens à la réalisation d’un Iran fort

Le Guide suprême insiste sur l’économie : du pouvoir d’achat des citoyens à la réalisation d’un Iran fort L’accent mis par le Guide suprême sur les questions économiques et les conditions de vie souligne l’importance d’une stratégie cohérente de développement économique. Une stratégie qui fait de l’amélioration du niveau de vie, du renforcement de la production nationale et de la croissance économique durable les piliers de la réalisation d’un « Iran fort ».
Code de linfo: 64
Date de la publication: 24 October 2026 - 00:24 - 14January 2648

Ces dernières années, l’économie et les conditions de vie des citoyens sont devenues des préoccupations récurrentes dans les déclarations du Guide suprême. Dans son récent message, outre l’accent mis sur la nécessité de bâtir un « Iran fort », plusieurs questions économiques et sociales ont été abordées. Elles peuvent être réparties en deux grandes catégories : les mesures visant à remédier aux difficultés existantes et celles destinées à promouvoir le développement économique.

Dans la première catégorie figurent l’inflation, le chômage ainsi que la gestion des prix et des marchés des biens et des services. Dans la seconde, l’accent est mis sur la croissance économique, l’augmentation des investissements, l’orientation des capitaux vers les secteurs productifs et prioritaires, la dynamisation de la production et la réduction progressive du rôle du dollar dans l’économie. La référence aux politiques générales de l’économie de résistance, à la production nationale et aux « importations appropriées et judicieuses » montre que l’objectif ne se limite pas à l’amélioration d’indicateurs économiques isolés. Il s’agit de construire une économie résiliente, productive et durable.

L’emploi, une priorité face aux difficultés économiques

Parmi les défis économiques, la question de l’emploi revêt une importance particulière. Si l’inflation exerce une forte pression sur les ménages, certaines de ses conséquences peuvent, dans des circonstances particulières et à court terme, être partiellement maîtrisées. La situation devient toutefois plus complexe lorsque la hausse des prix s’accompagne de pertes d’emplois et d’une diminution des revenus. Une personne qui perd son travail ne subit pas seulement une augmentation du coût de la vie : elle perd également sa principale source de revenus.

C’est pourquoi les politiques destinées à prévenir la hausse du chômage doivent être prises en compte au même titre que les mesures de lutte contre l’inflation. Il convient néanmoins de distinguer la dénonciation constructive des problèmes de la présentation excessivement négative de la situation économique. Signaler les insuffisances est indispensable pour les corriger, mais leur traitement médiatique doit éviter de fragiliser la confiance du public.

Parallèlement aux politiques nationales, l’Iran pourrait mieux exploiter ses capacités d’exportation de services techniques et d’ingénierie, ainsi que ses possibilités d’exportation de main-d’œuvre qualifiée. De nombreux pays de la région ont besoin de spécialistes, et l’Iran dispose d’un potentiel humain important. Le développement ciblé de ces activités pourrait créer des emplois tout en augmentant les recettes en devises. La question de l’emploi ne doit donc pas être envisagée uniquement à travers les politiques de soutien intérieur : la diplomatie économique et l’accès aux marchés régionaux peuvent également contribuer à la solution.

Relancer la production et orienter les investissements

Sur le versant des mesures de développement, la croissance économique et la relance de la production occupent une place centrale. Bien que ces deux notions soient parfois employées comme des synonymes dans le langage courant, elles ne désignent pas la même réalité économique. La relance correspond davantage à la sortie de la récession et à l’amélioration de l’activité à court terme, tandis que la croissance économique s’inscrit dans un processus plus long et plus durable. Pour combler les retards accumulés, l’économie iranienne a besoin des deux : une relance pour sortir de la stagnation et une croissance durable pour accroître ses capacités productives réelles.

Dans cette perspective, l’accent mis sur l’augmentation des investissements, puis sur leur orientation vers les secteurs utiles et prioritaires, est particulièrement important. Le volume des investissements ne suffit pas : leur affectation est déterminante. En l’absence de priorités clairement définies, la répartition des capitaux entre différents secteurs ne garantit pas une croissance durable.

D’où la nécessité d’une stratégie claire de développement industriel. L’Iran doit déterminer les industries et les secteurs présentant des avantages stratégiques et susceptibles de générer des effets d’entraînement sur le reste de l’économie. Sans feuille de route de ce type, les ressources limitées du pays risquent d’être dispersées entre de nombreux projets sans produire les effets attendus sur la croissance.

Réduire progressivement la dépendance au dollar

Un autre axe important du message concerne la réduction progressive du rôle du dollar dans l’économie. Cette orientation ne doit toutefois pas être confondue avec une conception simpliste de la « dédollarisation ». Réduire le rôle du dollar ne signifie ni le supprimer du jour au lendemain, ni fixer artificiellement le taux de change par décret, ni empêcher les citoyens et les acteurs économiques de détenir ou d’échanger des dollars.

L’objectif principal est de diminuer progressivement la dépendance structurelle de l’économie iranienne à l’égard du dollar. L’un des moyens d’y parvenir consiste à recourir davantage aux monnaies nationales dans les échanges commerciaux avec les partenaires économiques. Ainsi, dans le cadre des échanges avec la Chine ou la Russie, le développement de mécanismes de règlement en monnaies nationales pourrait réduire une partie de la dépendance au système monétaire dominé par le dollar.

Sur le marché intérieur, il faut également distinguer une formation rationnelle des prix d’une indexation sur le dollar. Lorsqu’une grande entreprise publique vend ses produits à des prix excessivement bas et économiquement injustifiés, cette politique n’est pas nécessairement appropriée, puisque les actifs et les revenus de cette entreprise appartiennent en définitive à l’ensemble de la population. À l’inverse, prendre directement comme référence le taux du dollar sur le marché libre ou des taux informels pour fixer les prix intérieurs risque d’alourdir la charge pesant sur les consommateurs et de transmettre les fluctuations du marché des changes aux prix des marchandises.

La solution ne réside donc ni dans une fixation administrative et irréaliste des prix, ni dans leur indexation systématique sur le dollar. Les prix devraient plutôt tenir compte des coûts de production, d’une rémunération raisonnable du capital et des intérêts des producteurs comme des consommateurs.

Le caractère progressif de la réduction du rôle du dollar est également essentiel. Une économie complexe ne peut être réformée par des mesures brutales mises en œuvre du jour au lendemain. Certaines politiques présentées comme des mesures de dédollarisation peuvent même renforcer la dépendance aux devises étrangères si leurs effets secondaires ne sont pas pris en considération. Par exemple, une allocation massive de devises à taux préférentiel pour financer les importations peut subventionner les producteurs étrangers au détriment de la production nationale et réduire la compétitivité des entreprises iraniennes.

L’économie de résistance et une ouverture maîtrisée sur le monde

Dans cette perspective, l’économie de résistance ne signifie ni la fermeture des frontières économiques ni la rupture des relations avec le reste du monde. Le soutien à la production nationale doit aller de pair avec le commerce extérieur et des importations ciblées. La protection des producteurs locaux n’a de sens que si elle favorise l’amélioration de la qualité, la réduction des coûts, les gains de productivité et, à terme, la compétitivité sur les marchés internationaux.

C’est là que prend tout son sens la notion d’« importations appropriées et judicieuses ». Le soutien aux producteurs nationaux ne doit pas se faire au détriment des droits des consommateurs. Si, à un moment donné, la production intérieure ne permet pas de répondre suffisamment à la demande du marché, en termes de quantité, de qualité et de prix, les importations peuvent jouer un rôle régulateur.

Dans certaines conditions, l’introduction contrôlée d’une concurrence étrangère peut même inciter les producteurs nationaux à améliorer la qualité de leurs produits et à réduire leurs prix. Le soutien à la production nationale et la défense des intérêts des consommateurs ne sont donc pas nécessairement contradictoires. Les pouvoirs publics doivent trouver un équilibre entre ces deux objectifs. Les mesures de soutien à la production devraient être ciblées, limitées dans le temps et conditionnées à des gains de productivité. Parallèlement, les importations doivent être gérées en fonction des besoins réels de l’économie et des priorités en matière de ressources en devises.

Croissance économique, cohésion sociale et confiance publique

Enfin, l’un des aspects les plus importants du message réside dans le lien entre l’économie, le progrès et la cohésion sociale. Les difficultés économiques ne sont pas de simples données statistiques : les choix de politique économique influencent directement la confiance du public et la cohésion de la société.

Lorsque la hausse du coût de la vie, le chômage, le sentiment de discrimination et la baisse du pouvoir d’achat persistent, ils peuvent devenir des problèmes sociaux, voire politiques. Toute politique économique devrait donc être évaluée non seulement à l’aune de ses effets directs, mais aussi de ses conséquences sociales.

Par ailleurs, les difficultés économiques ne devraient pas servir à imposer l’idée selon laquelle le seul moyen de développer et de reconstruire l’Iran serait de se conformer aux exigences des puissances étrangères. L’expérience historique du pays montre également que le développement durable dépend moins de la dépendance extérieure que des capacités nationales, d’une gouvernance efficace, des investissements, de la technologie, de l’innovation et d’une utilisation judicieuse des possibilités offertes par les échanges internationaux.

Dans ce contexte, la technologie et l’innovation ne constituent pas des enjeux secondaires. Pour surmonter les contraintes actuelles, l’économie iranienne doit remettre en question certaines pratiques inefficaces et exploiter de nouvelles capacités scientifiques et technologiques. À l’échelle mondiale, de nombreuses accélérations de la croissance économique ont résulté non d’une simple augmentation des ressources, mais de gains de productivité et de transformations technologiques.

Une stratégie économique cohérente pour un Iran fort

Dans l’ensemble, le message économique prononcé à l’occasion de la Semaine du gouvernement peut être interprété comme un appel à appréhender les problèmes de l’économie iranienne dans leur interdépendance. La lutte contre l’inflation sans politique de l’emploi, la production sans investissement, l’investissement sans priorités, le soutien aux producteurs sans considération pour les consommateurs et la dédollarisation sans stratégie ne constituent pas, à eux seuls, des solutions suffisantes.

Ce dont l’Iran a besoin, c’est d’un ensemble cohérent de politiques publiques conciliant la réduction des pressions sur les conditions de vie avec l’augmentation de la production, de l’emploi, des investissements et de la productivité, ainsi qu’avec la réforme des structures économiques.

Pour surmonter les difficultés actuelles, le gouvernement doit poursuivre simultanément deux objectifs. À court terme, il doit empêcher l’aggravation des difficultés liées au coût de la vie et à l’emploi. À long terme, il doit bâtir une économie capable de croître, de produire et de rivaliser avec ses concurrents. Le lien entre ces deux horizons repose sur une gouvernance économique avisée, la mobilisation des citoyens et des experts, le développement technologique et une feuille de route claire définissant les priorités économiques nationales.

La principale attente à l’égard du gouvernement ne devrait donc pas se limiter à la publication de statistiques plus favorables ou à la mise en œuvre de quelques mesures ponctuelles. Elle devrait porter sur l’élaboration d’une trajectoire claire et mesurable permettant de sortir l’économie de ses difficultés, de parvenir à une croissance durable, de créer des emplois et d’améliorer concrètement les conditions de vie de la population. C’est à cette condition que l’« Iran fort » pourra passer du statut de slogan politique à celui d’un véritable projet économique et social.

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