De nouveaux éléments sur le crime de Kouhestak et l’arme utilisée

Les débris retrouvés dans la maison d’habitation visée par l’attaque indiquent qu’une bombe planante guidée a été utilisée.
Dans les images diffusées par le CENTCOM des attaques menées contre le sud de notre pays, on distingue également un chasseur F/A-18 Super Hornet équipé d’une bombe planante de ce même type.
Il convient de souligner que la maison visée se trouvait à environ 200 mètres d’un pylône de télécommunications. Une marge d’erreur à une telle distance n’est pas considérée comme acceptable pour ce type de munition. L’attaque aurait donc été pleinement intentionnelle et a causé la mort de cinq personnes, dont un enfant de quatre ans.
L’examen des images des débris de la munition retrouvés sur le site apporte de nouveaux indices sur le type d’arme employé.
Parmi les fragments observés figurent un ensemble de batteries portant un avertissement thermique, des composants électroniques sensibles aux décharges électrostatiques, des éléments mécaniques associés aux systèmes de contrôle ainsi qu’une importante surface aérodynamique. La combinaison de ces indices avec l’architecture des munitions américaines stand-off présente la plus grande similitude avec la famille AGM-154 JSOW. Parmi les différentes versions de cette arme, les débris apparaissent davantage compatibles avec les AGM-154C/C-1.
Il convient de rappeler que l’AGM-154 JSOW est une munition planante guidée de type stand-off, conçue pour frapper avec précision des cibles à une distance importante. Les versions C et C-1 utilisent un guidage GPS/INS ainsi qu’un autodirecteur à imagerie infrarouge lors de la phase terminale. Elles sont également équipées de la charge militaire à effets multiples BROACH, conçue pour permettre des frappes précises contre des cibles ponctuelles et durcies.
La version C-1 dispose en outre d’une liaison de données permettant de recevoir des mises à jour concernant la cible pendant le vol.
Un élément particulièrement important est que les indices actuellement disponibles rendent très peu probable l’hypothèse de l’utilisation d’un Hellfire ou d’une munition de petite taille similaire. Les dimensions des fragments, la structure des surfaces de contrôle, les équipements électroniques ainsi que les composants internes retrouvés correspondent davantage à une grande munition planante telle que la JSOW.
De même, l’ensemble des éléments observés présente moins de similitudes avec l’hypothèse d’un SLAM-ER. Celui-ci est en effet un missile de croisière propulsé, dont l’utilisation devrait normalement laisser des traces plus caractéristiques de son système de propulsion et de sa structure de missile.
Les débris retrouvés appartiendraient donc, avec une forte probabilité, à la famille AGM-154 JSOW et, plus vraisemblablement, aux versions AGM-154C/C-1. Toutefois, il n’est pas possible de déterminer avec certitude s’il s’agit de la version C ou C-1 sans retrouver un numéro de pièce, un CAGE Code ou des composants spécifiques liés au système de liaison de données.
Il n’est toutefois pas exclu que cette attaque ait constitué un test réussi de cette nouvelle arme de la famille AGM, qui aurait été expérimentée non pas dans un laboratoire ou sur un terrain d’essai, mais directement sur le champ de bataille et contre une population civile.
